Le respect est une affaire humaine. Trop souvent mis entre parenthèses, parfois, lorsque l’enjeu dépasse le jeu, le terme sera mis à l’honneur dimanche au Stade de Genève. L’affiche est belle: Servette accueille Grasshopper (16h15). Elle ne le sera que d’autant plus si tous les acteurs de l’événement adhèrent au principe. Et cela concerne autant les footballeurs que les supporters.
Les deux équipes ont joué le jeu, au même titre que le ServetteFC et ses dirigeants, qui ont prêté leur concours à la mise en vue de cette campagne de civisme. Ainsi, dimanche, les deux formations arriveront sur la pelouse de la Praille avec un tee-shirt d’échauffement barré du slogan "Le respect, ça change la vie". A la fin des exercices, avant de rentrer au vestiaire revêtir leur maillot de match, ils se dirigeront vers les supporters pour jeter leur tee-shirt. Mais selon un protocole symbolique: les Zurichois lanceront leurs tricots aux fans genevois et les Grenat donneront les leurs aux fidèles Sauterelles qui auront fait le déplacement.
Ce n’est pas tout. Avant la rencontre, sur l’esplanade sise entre le stade et le centre commercial, un stand permettra de faire plus ample connaissance avec la philosophie du mouvement. Emile Abt (photo), qui s’occupe de répercuter l’idée d’André Castella (lire ci-dessous) dans le milieu sportif, s’explique. "J’ai été séduit par le projet dès que je l’ai vu.
Ce respect dont nous parlons passe par un simple bonjour à l’entraînement, par le respect de l’arbitre bien sûr, même quand il se trompe, par le respect du coéquipier et aussi de l’adversaire. J’entraîne des juniors à Perly et cela marche très bien. Nous sommes en train de toucher plusieurs clubs. Et Servette-GC est un tremplin pour faire connaître notre action au sens large."
A la Praille, un lâcher de 300 ballons sera organisé avant le coup d’envoi. Et les juniors de plusieurs clubs ont répondu présents via des invitations formulées par Emile Abt et distribuées par Servette, qui s’est impliqué. Eric Pédat, l’un des parrains de la campagne sera également présent. Et comme les Hôpitaux Universitaires de Genève soutiennent le mouvement, un hélicoptère devrait se poser à la mi-temps sur la pelouse. Sous réserve qu’il ne doive pas se diriger sur une intervention urgente, bien sûr.
Ne reste plus aux joueurs qu’à véhiculer le message sur le terrain maintenant. Le respect n’interdit pas la compétition et la hargne. Il interdit seulement la bêtise. Et pas seulement dans le football: dans quelque domaine que ce soit...
Daniel Visentini