La campagne "Le respect ça change la vie" a officiellement été lancée mardi. Initiée par le maire de la petite commune d'Avusy, André Castella (photo, en compagnie d'Adolf Ogi), cette vaste croisade s'inspire des mobilisations à la française contre le racisme symbolisé par le "Touche pas mon pote" ou par le ruban rouge du sida porté à la boutonnière. Les Genevois pourront eux arborer sur leur véhicule le sigle de la campagne en signe de reconnaissance et d'engagement.
Une grande banderole à l'entrée de l'établissement et des ballons plein la salle... le Café Papon, situé dans la Vieille-Ville, dégageaient hier une atmosphère toute particulière. Euphorisante même, tant les nombreuses personnes accourues de tous les horizons se passionnaient pour la cause.
Comme le relève l'élu communal: "La campagne devrait très prochainement générer de multiples actions concrètes. Des institutions publiques comme les Transports publics genevois (TPG), les Hôpitaux universitaires (HUG), les écoles, l'Aéroport international ainsi que des entreprises comme Migros Genève et enfin le Touring-Club ont déjà répondu à notre appel. Des réflexions y ont été engagées pour promouvoir notre opération."
Naissance communale
Tout a commencé lorsque le magistrat a pris ses fonctions en 1999. "Rapidement, je me suis rendu compte des incivilités qui frappaient ma commune. Comme les tags, par exemple, ou plus grave, car mettant en danger des vies humaines, le comportement d'un automobiliste qui traverse le village à 100km/h!", a rappelé hier André Castella. Conscient des effets négatifs qu'entraîne la perte d'une valeur essentielle comme le respect, le maire d'Avusy a profité du discours du 1er Août 2002 pour tenter de s'attaquer au mal. Plutôt que de "soliloquer" face à un public attablé devant sa soupe, il a proposé à son auditoire de s'engager dans une campagne qui s'appellerait "le respect, ça change la commune".
Idées courtes?
Petit bémol dans ce concert d'enthousiasmes. Les Genevois peuvent-ils adhérer à ce qui tient un peu de la méthode Coué? Le joli slogan "Le respect, ça change la vie" n'est-il pas une sorte d'aveu d'impuissance d'une classe politique, en manque de solutions pour résoudre les problèmes quotidiens? "Mieux vaut allumer une minuscule chandelle", rétorque aussi sec le promoteur de la campagne qui refuse le fatalisme et croit aux idées simples: "Tout cela peut certes paraître naïf, mais je pense sincèrement que c'est jouable car le respect est praticable partout, dans la rue, sur le lieu de travail, à l'école, sur le terrain de foot. Le respect n'a pas de couleur politique, c'est une affaire humaine. Et c'est dans cette simplicité-là que réside la réussite possible d'une telle campagne."
Ogi, ambassadeur de charme
Nommé par l'ONU comme conseiller spécial pour le sport au service du développement et de la paix, Adolf Ogi a tenu à apporter son soutien. Soulignant que le sport était le miroir de la société, l'ancien conseiller fédéral a déclaré que c'était aussi "la meilleure école de vie, car elle nécessitait l'intégration dans une équipe, le savoir gagner mais aussi le savoir perdre, sans penser que c'est la fin du monde". L.B.